Histoire
Des profondeurs de son refuge, Heyra surveillait les Hommes qui essayaient de braver les méandres de son empire végétal. Mais au fur et à mesure, les hommes apprirent à éviter le sanctuaire de Heyra, comme elle était un grand dragon. Mais parfois, un enfant se perdait trop loin et sa famille effondrée le pleurait longtemps. Certains de ses enfants survivaient en trouvant le repère d'Heyra qui décida de les garder en accréditant la thèse de leur mort à leur famille. Cette dernière se constitua une petite communauté dans laquelle elle ressentait une étrange affinité. Ne pouvant plus créer de nouvelles formes de vie, elle décida d'essayer de comprendre les vies et leur harmonie. Alors elle leur inculqua le respect de la vie et les secrets de la nature. Lorsque les hommes cherchèrent à se rapprocher du savoir des Dragons, les adoptés d'Heyra les accueillirent à bras ouverts, heureux de pouvoir partager leur savoir avec des hommes d'autres régions. Mais les nouveaux arrivants devaient se plier aux règles de la forêt et non à leurs habitudes.
Les adoptés d'Heyra prirent le nom de prodiges en raison de leur origine infantile et apprirent aux pèlerins à se créer une place. Ils profitèrent des arbres et de leur solidité pour construire une cité arboricole peu envahissante.
La Cité de la Nature
Témeth est une cité étendue construite autour d'arbres gigantesques. Les deux tiers de ses bâtiments sont construits entre les branches ou autour des troncs. Le tiers, restant se trouve au sol, souvent entre des racines noueuses ou les souches pétrifiées. Le sol de Témeth est légèrement vallonné et herbeux, ce qui donne à la cité l'apparence d'un immense campement. Sa population très nombreuse se disperse sur une surface de plusieurs kilomètres carrés, en faisant la cité la plus vaste du monde par sa superficie. Les animaux sauvages rentrent parfois en ville, surtout pendant la nuit ou lors des nuits de pleine lune.
L'architecture de Témeth est axée sur la menuiserie, donnant une cité régulièrement renouvelée où des bâtiments neufs remplacent les plus usés comme un écho au cycle de la vie. Les formes des habitations sont douces, pleines de courbes et rarement hautes de plus d'un étage. Les maisons arboricoles ont souvent des balcons et des terrasses familiales. Les fleurs et les gravures constituent les principales formes de décoration.
Les habitants de Témeth
Témeth est une cité regroupant 500 000 âmes, mais personne ne se soucie d'un recensement. Environ 50% de la population est citoyenne, l'autre se contentant de vivre paisiblement sous l'aile d' Heyra sans chercher à suivre une caste en particulier. Les quatre cinquièmes de la population vivent de la forêt (bûcherons, chasseurs, cueilleurs, pêcheurs), les autres se livrant à des activités plus matérielles comme l'artisanat, le commerce ou la magie. La mentalité témethite est paisible, observatrice et pratique, cherchant le calme et le bon sens dans toute situation.
Les dragons de Témeth sont nombreux et connus, complètement mêlés à la société humaine. Il jouissent bien sûr d'un prestige énorme et font office d'autorités morales reconnues. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'un dragon conseille plusieurs familles ou même un quartier où même parfois à choisir un élu. Les dragons sont près de 5000 à Témeth, et parmi les plus sociables. On estime que trois cinquièmes sont des dragons des Forêts, un cinquième des dragons des Cités, et le reste se répartit entre dragon de l'Air, du Métal et de Pierre. Il existe très peu de dragons du Feu, des Océans ou des rêves, mais ces rares résidents sont assez connus.
Us et Coutumes
Cette coutume domestique reflète typiquement l'esprit naturaliste de Témeth. Pour un habitant de la cité de la Nature, il est normal d'avoir en son foyer un petit animal apprivoisé considéré comme l'œil de Heyra. Il incarne la présence du dragon et sa bienveillance protectrice. Lorsqu'un animal décide de s'en aller, ses hôtes ne font rien pour l'en empêcher.
Une des coutumes les plus caractéristiques de Témeth est son interprétation du mariage et de la vie conjugale. Un couple Témethite ne gère pas la notion d'adultère comme dans d'autres cités, et il est courant pour un couple d'élever un enfant qui n'est pas du mari. La bâtardise ne subit aucun ostracisme et les enfants nés de ces unions en sont avertis et n'en tirant aucune honte. Témeth entretient cette coutume depuis des siècles.
Témeth est relativement simple dans son style de vie et l'aspect pratique l'emporte sur l'esthétique. Les vêtements sont issus des matières de la forêt, à savoir le lin, la soie, la laine, le cuir et la fourrure.
Le costume typique se compose d'un pantalon - ou d'une robe - solide, d'une chemise à manches longues, d'une tunique et de sandales de cuir. Les prodiges sont les seuls à porter la toge, souvent autour de la taille, toujours en lin blanc.
A Témeth, une naissance est un bonheur communautaire. Dans ces moments, il est de coutume de venir présenter l'enfant à ses voisins d'arbres et éventuellement à ceux des arbres voisins. Puis, après le garçon reçoit une bénédiction par un dragon. Un acte purement symbolique, mais des rumeurs prétendent que bon nombre d'enfants évitent maladies et infirmités s'ils ont été bénis. En cas de décès parental, un orphelin est toujours adopté par la famille d'arbre ayant le moins d'enfants.
Un décès à Témeth est un événement triste, l'esprit étant ici intimement associé au corps. Passé le chagrin, les gens réagissent avec philosophie dans une logique de cycle de la vie. Le folklore téméthite n'assure aucun avenir à l'âme qui disparaît avec la mort. Les corps sont enterrés au loin dans la forêt, de façon gravée de la rune du défunt. Les cérémonies sont familiales et assez courtes.
Economie
L'économie de Témeth dispose d'un grand potentiel de matières premières et de nourriture mais qui, pour des raisons religieuses, ne sont pas exploitées à outrance. Le respect d'Heyra évite tout abus ou pillage de la nature. Témeth fait diverses exportations comme la nourriture, du bois, des peaux, et des herbes médicinales ainsi que quelques métaux rares ou gemmes. Son taux d'importation est faible, et surtout des produits manufacturés.
Organisation
Le pouvoir à Témeth est tenu par les dragons. Heyra dicte des opinions à ses enfants et eux-mêmes se chargent de les répercuter aux prodiges. Certains de ses moines ont en effet des responsabilités civiles. Mais tout avis draconique surpasse celui d'un homme et les prodiges n'ont pas une énorme influence. Témeth est aussi le siège du Grand Ordre et plusieurs de ses membres y vivent. Bien que détachés de toutes fonctions les vieux bonzes de cette autorité font souvent figure de sages conseillers vers qui se tourner si les protagonistes préféraient éviter de déranger un Ailé. Le plus vénérable de ces ascètes est Sung, un vieillard maintenant aveugle, que l'on sait être le chef de quoi que ce soit, il est une figure honorée et systématiquement consultée avec respect.
La loi est assez lente à s'appliquer, en raison de l'ambiance champêtre et la taille de la cité. Il n'existe d'ailleurs pas réellement de forces de l'ordre. Une poignée de Prodiges, une centaine de protecteurs et quelques Inquisiteurs se chargent de traquer les coupables. En revanche, il n'est pas rare qu'un dragon s'implique si un délit touche un quartier ou des familles lui tenant à cœur. Dès lors, de redoutables forces sont alors mises en œuvre, l'Ailé usant de toute sa magie et de ses frères dragons pour exercer une justice foudroyante. Les sentences humaines privilégient l'exil, les corvées pénibles et la déchéance de caste. La loi de Témeth prône la rédemption et applique peu la peine capitale.
Politique extérieur de la cité
Témeth est une cité géographiquement isolée et ses relations avec l'extérieur sont marquées de délais importants. Le principal allié de Témeth est le Royaume des fleurs avec qui les relations sont très étroites. Les rapports avec l'Empire de Solyr et ses Cités draconiques sont bons mais irréguliers. Témeth surveille de près la frontière montagneuse avec l'Empire de Nésora, ces terres libertaires étant assez mal vues par Heyra. Onyr est parfaitement intégrée lors de son passage estival, mais peu contactée le reste de l'année. En résumé, la diplomatie témethite est puissante, car couvent menée par de respectables Prodiges, mais épisodique car régulièrement inexistante.
Les quartiers
Témeth s'organise selon un concept d'arbres quartiers, nommés Szayïn, où chaque communauté arboricole et ses membres au sol partagent une identité. Ces quartiers ont des noms évocateurs et poétiques, comme le Chêne aux écureuils, la source des cent-joncs ou le Rameau d'ivoire. Ces Szayïn ont tendance à se ressembler géographiquement et à former des bouquets, sortes de villages dont l'ensemble forme la cité.
Ce village comporte des Szayïn religieux et intellectuels. Il y a donc une forte proportion de Prodiges, d'érudits et de mages. De multitude de fleurs de différentes couleurs qui égayent ce secteur paisible et recueilli.
Szayïn typiques : La rose des nacres, le Saule scintillant, les Soies de cristal
Ce vaste de quartier abrite les lieux de rencontre, de spectacle et de plaisir de la ville. On trouve de nombreux de marché comme le marché du Levant, des théâtres, des tavernes et des esplanades d'exhibition. Permettant aux baladins et aux dresseurs d'animaux savants de se produire en spectacle pour le plaisir de tous. Les bâtiments sont ici plutôt vastes et d'un seul niveau, juchés sur des arbres aux ramures étendues ou solidement ancrés au flanc des troncs.
Szayïn typiques : L'Arbre creux, le Terrier des vents, l'Ivresse des baies.
Au bord du Bouquet du Bourgeon, ce domaine guerrier regroupe les Szayïn les plus animés. Il est particulier car délimité au sol par une haute barricade de bois circulaire qui lui donne l'aspect d'un fort primitif. Diverses poternes s'y trouvent, permettant d'accéder aux nombreux bâtiments au sol et à la base d'une trentaine de Szayïn. Tavernes agitées, salles d'entraînement et guildes mercenaires sont regroupées ici et forment le quartier le plus chaud. Au centre de l'oppidum se dresse une arène de gladiateurs connue pour son exotisme.
Szayïn typiques : La Branche des pendus, le Roncier en fleurs, les Vignes abondantes.
Ces quartiers regroupent des Szaïns populaires, principalement non-citoyens, qui abritent la population agricole de la cité. On y trouve les bûcherons, cultivateurs et cueilleurs dont dépend la cité pour la collecte de sa nourriture. Il en existe 7, irrégulièrement répartis. Ils comptent aussi d'importants entrepôts et ateliers de préparation des denrées, ce qui en fait un lieu régulièrement fréquenté par les marchands venus d'autres villes.
Szaïn typiques : La tour aux noix, les Blés ondulants, Le fumoir au Thym.
Ce village a vu de plus en plus se peupler de mineurs, d'artisans et de boutiquiers. L'origine de sa disposition tient au fait qu'une épaisse veine volcanique ait figé profondément. Tout ce que la cité comptait de mineurs et d'artisans y vit alors un signe des Dragons. Le seul village à compter une portion souterraine par son réseau de mines et de petites carrières. De plus, sa densité d'habitats terrestres égale presque celle des maisons arboricoles. Des installations massives comme les forges et les ateliers des tailleurs de pierres ont été édifiés aux mépris des dangers du sol par des artisans très têtus. Par certains côtés, le Ciseau rappelle Kern ou Dungard et l'obstination des artisans à résider au sol devient chaque jour un peu plus problématique. Certains prodiges estiment en effet que cet entêtement défie les Edits d'Heyra et la situation est encore plus tendue depuis que des dragons débattent entre eux du bien fondé de ce quartier.
Lieux particuliers
Situé au sommet de l'arbre le plus majestueux de la forêt, ce splendide édifice de bois sculpté et ciselé dresse vers le ciel de nombreuses tours effilés. De forme irrégulière, le Temple n'est pas un édifice très large ; sa longueur maximale ne dépasse pas les cent mètres. Il existe toutes sortes de pièces facilement accessibles, depuis la salle de méditation au dojo, en passant par des jardins fleuris de couleurs uniformes, sensés aider au cheminement spirituel. Les pièces réservées sont les seules à disposer de portes et les Prodiges aiguillent généralement les visiteurs curieux vers d'autres pièces.
Ce nom désigne les zones agricoles autour de Témeth. Ces zones sont maintenant entretenues et exploitées par tout une population paysanne qui applique un principe d'utilisation du milieu et non de sa modification. Les arbres fruitiers sont exploités là où ils poussent, les blés rares germent seulement dans des clairières naturelles à ciel ouvert et aucun champ ou parcelle n'est clairement défini. Il n'est bien sûr pas question de labours, de déboisement ou d'irrigation. Les volontés d'Heyra sont le pilier de la survie de l'énorme Témeth au sein de la forêt. Si l'équilibre entre consommation et renouvellement venait à être rompu par une culture intensive, Témeth consommerait des hectares de forêt chaque année et mourrait de sa propre ambition.
Au nord de la cité, le lac des cigognes est devenu un lieu de détente pour tous les citoyens de Témeth. Ses bordures abritent de nombreuses tavernes et auberges. Il est courant de fixer des rendez-vous galants dans les parties sauvages des rives. Bon nombre de citoyens y nagent à l'aube, de même que certains dragons. L'eau y est d'une pureté assez exceptionnelle, régulièrement renouvelée par une résurgence. Le nom vient du fait que, lors des migrations, les cigognes passent par le lac afin de faire halte. Cette période est souvent l'occasion de fêtes et de cérémonies vénérant ka régularité et le cycle naturel. Une légende dit que, si un jour les cigognes ne venaient plus, les pires malheurs seraient à craindre pour la cité.
Les Temples draconiques
Témeth est une cité qui privilégie énormément les relations Hommes-Dragons. De ce fait, chaque Dragon dispose d'un temple. La plupart, ils sont fréquentés et entretenus par les fidèles, mais la Caste des Prodiges veille à ce que les lieux de culte soient toujours dans un état irréprochable.
Situé dans la Fosse, le Temple de Kroryn est un bâtiment carré, organisé à la manière d'un cloître où la partie centrale sert de champs d'entraînement.
Le Temple est souterrain et s'ouvre dans les premiers niveaux des mines, désaffectées et converties en habitations troglodytes. Il s'agit d'une profonde veine de granit, abondamment décorée de fresques et de statues à la gloire du Dragon de la Pierre.
Au milieu des Ciseau, un arbre mort a été taillé et sculpté en une tour pentagonale qui abrite le Temple du Dragon de métal. L'intérieur est décoré de dizaines de lampes suspendues au sommet de la tour par des chaînes de tailles variables. Le sol est une mosaïque de bois avec en son centre un arbre de métal d'un mètre de haut ; superbement ciselé.
Situé au bord du lac des cigognes, ce Temple rond et bas est accroché aux ramures des arbres du rivages, flottant à un mètre de la surface. Des chaînes de bois et de lianes centenaires le soutiennent et une passerelle permet d'y accéder par la rive ouest.
Les adeptes de la chimère ont décidé de construire leur Temple au milieu d'un bosquet d'énormes bouleaux, l'installant sur une plate-forme fixée aux arbres. Il s'agit d'un assemblage de pièces sphériques, faites de bois, qui communiquent par des escaliers en colimaçon l'endroit est humide et un brouillard permanent semble flotter alentour.
Le Temple des Prodiges est celui du dragon de la Nature.
Ce Temple est le plus haut bâtiment de la cité, après le Temple des Prodiges. Construit au-dessus de ka ramure d'un noisetier, il se dresse sur des pylônes posés sur les branches terminales. Il porte deux tours coniques qui offrent une vue époustouflante sur la canopée.
Modestement situé dans le Grenier du Couchant, il est placé ay milieu d'un frêne. Sa forme hémicyclique épouse le tronc et abrite une salle de prière décorée de multiples maquettes en bois de maisons des quatre coins de Kor.
Weïan, le repaire de Heyra
Heyra a situé son repaire entre les racines d'un arbre colossal, Weïan, croisement entre un séquoia et un cèdre. Il atteint un diamètre de plus de trente mètres, ses racines sont comme des troncs et serpentent sur le sol à plus de cent pas à la ronde. A sa base, le tronc est renfoncé et els racines forment un berceau protégeant le repaire du Dragon. Ce refuge est semi enterré et constitué d'une seule cavité, à la manière d'un terrier. Une foule d'animaux vont et viennent en permanence autour de l'endroit et des plantes multicolores ont germé anarchiquement à même les racines.
Accéder au repaire est simple. Il suffit d'oser aller déranger un Grand Dragon. De nombreux pèlerins sont régulièrement alignés devant, attendant le bon vouloir de la Dame qui n'est même pas toujours présente. Heyra a la réputation d'être dure à intéresser, mais s'enflamme parfois pour des causes insignifiantes. Il faut aussi savoir que des colères ont parfois poussée à tuer des visiteurs pour des raisons mystérieuses et que ses enfants sont souvent plus faciles à rencontrer.
Weïan porte à son sommet le Temple des Prodiges mais les nombreux dragons et Prodiges y résidant interviennent rarement sur l'accès au repaire.